samedi 24 décembre 2011

Death Of Autumn (volume 2 - hiver 2012)


01 - When I wake up in the morning – Staffan Stenström (1969)
Je pensais avoir épuisé tous les angles possibles et imaginables sur « A Swedish Love Story » (ici, et par exemple), mais je ne vous avais pas encore imposé la bande originale.

02 - Le premier chagrin du jour – Guizmo (2011)
Le sample et le flow, avec la colère, le charisme et l'alcool en bonus. Meilleur morceau du meilleur album de rap français de l'année.

03 - On verra bien - Jazzy Bazz [live @ Nouveau Casino] (2011)
Va quand même falloir que ce foutu Polonais se décide enfin à pondre un peu plus qu'un morceau tous les deux ans.

04 - Qu'est ce qui fait pleurer les filles - Marie Laforêt (1963)
J'en ai vu rigoler quand je parlais de mariage pour Summer Zoo alors je préfère remettre tout de suite les points sur les « i » et le chapeau sur son « e ». Et j'annonce déjà qu'il y en aura encore dans la volume 3.

05 - Do you like my song – Elephanz et Von Pariahs [live @ Stéréolux] (2011)
Do you like my song do you like my lyrics / You know i wrote it for you to be my chick.

06 - Pour la fin du monde – Gérard Palaprat (1971)
2012 c'est pas la fin du monde, c'est l'année du geste, mais on n'est jamais trop prudent.

07 - Clashes – Youssoupha (2011)
Et puisqu'on parle de geste, impossible de ne pas caser Youssoupha dans ce puzzle de morceaux et de pensées. J - combien déjà ?

08 - Funky Lover – Eruption (1975)
Je pensais avec Summer Zoo avoir enfin fait le tour des sons de ce monstrueux battle, mais en fait il m'en manquait encore un.

09 - Charme du ghetto – Grödash – (2008)
La barbe et la voix de Médine, le cheveu de Youssoupha, les portraits de Nessbeal et les gimmicks à Sefyu. J'ai honte d'être passé à côté de cet hymne pendant plus de 3 ans.

10 -  Lights out – Santogold [DJ Mehdi remix] (2009)
Mais quelle mort de merde, putain.

11 - La fac de lettres – Jacqueline Taïeb (1967)
J'ai arrêté l'école avant de la quitter. Hélas, au dessus de mes capacités.

12 - Ville portuaire – Taulard (2010)
Note à l'attention de ces jeunes grenoblois : n'enregistrez plus vos concerts avec un 3310. Mais surtout, continuez à en faire.

13 - We're getting stronger [the longer we stay together] – Loleatta Holloway (1976)
Écoutez un peu la voix de cette nana avant de vous foutre de sa gueule parce qu'elle a casée le refrain entier dans le nom du morceau.

14 - Train de vie – Fixpen Sill (2011)
La surprise du mois de décembre qui tombe bien, il me manquait un morceau pour conclure sereinement.

jeudi 22 décembre 2011

Le rap français va bien #6 [spécial Fixpen Sill]

Le talent et l'énergie des rappeurs parisiens de l'Entourage avec l'esprit torturé et les revendications en plus : les deux nantais de Fixpen Sill ont frappé fort pour la sortie de leur premier projet, « Le sens de la formule », téléchargeable gratuitement depuis la semaine dernière. Déjà entendu en début d'année sur la  première sortie du collectif 5 Majeur dont ils font partie avec Nekfeu, que l'on retrouve sur l'album, Kéroué et Vidji confirment avec ce 12 titres leurs divers talents (Vidji signant d'ailleurs la quasi totalité des sons sous le pseudonyme de Stratega), flows à l'ancienne et productions boom bap à l'appui. Une très bonne surprise, déjà téléchargé près de 10 000 fois, qui aurait sans doute mérité une sortie physique. Pas de concerts de concert prévus pour l'instant mais on peut espérer que leurs collègues de 1995 profiteront de leur programmation sur le festival HIP OPsession en février prochain pour les faire monter sur la scène de Stéréolux.



Toi aussi, écoute et/ou télécharge Le sens de la formule.

mercredi 21 décembre 2011

33 jours avant Noir Désir

Suite du compte à rebours qui nous conduira jusqu'à la sortie du prochain album de Youssoupha avec le clip dévoilé avant-hier par le rappeur. Après le making-of de la couverture, Youssoupha nous emmène une fois de plus dans ses coulisses avec des images d'une interprétation live de son « Espérance de vie » mêlées à des scènes où on le découvre entouré de ses proches. Rien d'extraordinaire ou qu'on est jamais vu donc, d'autant plus que le son  du concert est vite remplacé par la version studio du morceau. Plus propre, forcément, mais moins touchant. Un morceau d'une telle puissance méritait certainement un clip plus ambitieux. Surtout, je le sais pour l'avoir vu, qu'il est bouleversant lorsque Youssoupha le joue en live. Il s'agit de la deuxième  petite déception en quelques jours puisque le morceau avec Corneille, s'il reste un excellent coup comme je l'expliquais, n'est pas une immense réussite artistique.



La description d'« Espérance de vie » sur la page youtube du label indique toutefois qu'il a été « écrit en 80 jours à raison d'une ligne par jour ». Drôle d'information, inédite mais invérifiable pour le moment (certains ne se privent pourtant pas de la reprendre, peut-être ont-ils d'autres sources), qui fait penser à  un autre concept de création plus ou moins répandu dans le rap français. Oxmo Puccino, pour son deuxième solo, n'avait ainsi pas écrit une seule ligne. Tout dans la tête. C'est d'ailleurs le titre du prochain album de Zoxea, qui suivra lui aussi la trace de Notorious Big qui eu le temps de populariser la technique avant de mourir. On dit que  les grands esprits se rencontrent, alors pourquoi pas les rappeurs ?

Suite du décompte dans quelques jours avec une interview de février 2010 jamais publiée. A moins que Youssoupha, d'ici là, nous dépose un nouveau morceau au pied du sapin.

Episode précédent : 41 jours avant Noir Désir

mardi 20 décembre 2011

P comme Plagiat

Mise à jour du mercredi 21 décembre : les responsables du site m'ont contacté par téléphone pour m'expliquer les raisons de cette maladresse et me présenter leurs excuses. Affaire classée.
 
Mon dernier passage sur Booska-P, site « numéro 1 du rap français » qui donne plus dans les actualités  juteuses et les vidéos bas de gamme que dans l'information de qualité, m'a fait regretter de ne pas y avoir cliqué plus souvent jusqu'à présent. Car si je ne souviens pas avoir conclu un quelconque accord avec eux, j'y ai pourtant trouvé l'une de mes brèves rédigée deux jours plus tôt pour... le site du quotidien Presse Océan, pour lequel je couvre l'actualité hip hop de la région nantaise depuis le dernier festival HIP OPsession

Ma version.
Ma version [Booska-P remix]

Si je les remercie vivement d'avoir gommé le double emploi de l'expression « de nouveau », je m'étonne tout de même de ce plagiat d'autant plus grotesque qu'il ne s'agit que de quelques lignes qu'un néophyte aurait pu rédiger seul. La fin de leur news sur le « stage hip hop », qui a été ajouté à mon texte d'origine, prouve qu'ils ont eux aussi reçu le communiqué dont je me suis inspiré. Pourquoi alors avoir copié/collé mon texte plutôt qu'écrire le leur ? Je n'ai encore reçu aucune réponse à la question, posé directement sur facebook et twitter, à laquelle j'en ajoute ici une seconde : elle n'est pas « triomphale », selon vous, la tournée de 1995 ?

Le système de paiement des correspondants à Presse Océan est tellement dépassé que, pour différentes raisons, je ne serai très probablement pas payé pour cette brève si je ne le réclame pas. Être plagié par un site qui fait des millions de clics, et donc des milliers d'euros, est d'autant plus pénible pour cette raison. Depuis quand Booska-P « s'inspire » t-il de mes textes et de ceux des autres pour nourrir sa machine à fric ? Aucune idée. Mais s'ils veulent travailler avec moi, c'est « 56 000 euros le feat ».

mercredi 14 décembre 2011

De 7 à 77 ans

Carlo Peroni, l'un des papas du personnage Caliméro, est décédé hier à l'âge de 82 ans. Le nom de son poussin noir qui se plaignait sans cesse est rentré depuis de nombreuses années dans le langage courant. Il désigne une personne qui se dit malchanceuse ou persécutée.


Booba n'écrit que très rarement de morceaux « à thème », préférant se concentrer sur la technique de la punchline comme beaucoup de ses collègues (Julien Morel l'explique mieux que moi). Lorsqu'il cite Caliméro, le poussin maudit est donc isolé au milieu de rimes pas toujours en rapport avec lui. La première fois en 2004, dans le morceau Alter Ego :
 « Des MC comme nous, y'en aura pas d'aussitôt, j'débite si violemment j'pourrais en perdre une chico / Fait vite, passe-moi l'magot, l'argent les rend coquines / j'ai tué Caliméro d'une bastos dans la coquille. »
La seconde fois, deux ans plus tard, avec le morceau Boulbi :
« L'Etat fait tout pour nous oublier, si j'traîne en bas de chez toi j'fais chuter le prix de l'immobilier / Ouais mec, bidon d'essence, allumettes. J'y vois pas clair sans mon fusil à lunette / J'fais plus de biff qu'au tiercé, Caliméro se plaint moins la coquille percée. »
Booba tue Caliméro dans un album et l'enterre dans le suivant. Clin d'oeil intéressant qui prouve qu'il a de la suite dans les idées puisque ces deux rimes vont dans le sens d'une liberté que Booba défend farouchement : celle d'entreprendre et de réussir sans se plaindre de son origine sociale ou de sa couleur de peau. Prise de position atypique et risquée dans le rap français qu'il confirmait pourtant en 2008 dans le morceau Game over
« J'arrêterai quand il le faut, je ne ferai pas l'album de trop / Tout le monde peut s'en sortir, aucun cité n'a de barreau. »
Son « puzzle de mots et de pensées », expression tirée de sa propre oeuvre que l'on utilise souvent pour décrire ses textes, est finalement assez simple à reconstituer. Presque un jeu d'enfant.



mardi 13 décembre 2011

41 jours avant Noir Désir

Rares sont les albums de rap français à susciter autant de buzz que celui que s'apprête à sortir Youssoupha. Si j'ai récemment  retracé son parcours jusqu'au « procès Zemmour », je vais maintenant me concentrer sur les jours qui nous séparent de la sortie de Noir Désir à travers le compte à rebours que j'engage avec ce billet.

Noir Désir sera dans les bacs le 23 janvier 2012.
Omniprésent sur les réseaux sociaux (plus de 20 000 abonnés sur Twitter, près de 100 000 fans sur Facebook) où il mène une stratégie cohérente et efficace (plus d'actualités que Booba, pas de fautes d'orthogaphes comme Nessbeal, moins de retweets inutiles que La Fouine et une ponctuation plus sobre que Sexion d'Assaut), Youssoupha est déjà certain de faire parler de lui avant, pendant et après la sortie de l'album. La façon dont il avait géré l'approche du procès en septembre dernier témoignait déjà d'une maîtrise presque parfaite de ces outils, la sortie du morceau « Menace de mort » la veille de l'audience relevant quasiment du génie.

Je ne reviendrai pas sur « Espérance de vie », dont j'ai déjà parlé à sa sortie il y a quelques jours, sinon pour dire que c'est un morceau qui prend toute sa dimension sur scène. Youssoupha l'a joué ce week-end au festival Tissé Métisse, à l'occasion duquel j'ai d'ailleurs eu la chance de le rencontrer de nouveau. L'interview sera en ligne avant que Noir Désir soit dans les bacs. Si les Dieux de la procrastination m'épargnent.

Le visuel de la pochette a été dévoilé la semaine passée dans la vidéo qui suit. On entre dans l'intimité de sa confection et on devine les photos du livret au son d'un excellent couplet inédit qui ne sera pas sur l'album. Où comment faire grimper l'excitation en n'en montrant ni trop, ni trop peu.



Le deuxième extrait de l'album après « Espérance de vie » a quant à lui été dévoilé hier. Le texte assez peu consistant, le flow saccadé et le refrain chanté m'ont surpris autant qu'un morceau d'Orelsan au caractéristiques relativement similaires il y a deux mois . Youssoupha s'ouvre au grand public avec ces "Histoires vraies", qu'il rend plus accessibles sans se corrompre avec une instru vraiment trop légère ou un featuring honteux. Joli coup à un peu plus d'un mois de la sortie. 

Reste à espérer qu'il saura trouver sur Noir Désir l'équilibre entre des morceaux de ce genre et d'autres plus fidèles à ces talents d'origines. Orelsan a su le faire pour Le chant des sirènes, avec un succès populaire une reconnaissance artistique à la clé. A charge pour Youssoupha de suivre sa voie.



Suite du compte à rebours à la prochaine actualité ou dès que l'une de mes deux interviews (février2010 et décembre 2011) sera prête.

lundi 5 décembre 2011

Mais où est Taipan ?

Taipan avait promis une digitape pour le 5 décembre. Après plus d'un mois sans nouvelles, il a finalement sorti ce morceau un peu court et bizarrement clippé. Déception.



Mon enthousiasme a pourtant repris le dessus, après plusieurs écoutes, au rythme des questions que ce couplet m'a posé. Des références que je ne maitrise pas aux rimes improbables, comme d'habitude, en passant par les raisons du retard de la digitape et d'un tel changement d'esthétique. Une seule réponse, finalement : Taipan n'est jamais au rendez-vous. 

Il est pourtant en avance. Mais il préfère attendre ailleurs.

jeudi 1 décembre 2011

Le rap français va bien #5

Youssoupha - Espérance de vie

Le lyriciste Bantu n'en finit de me faire bouger la tête. Productions folles et flows maitrisés, punchlines assassines et langue bien pendue : sa carrière prend assurément une nouvelle dimension depuis la sortie de son clashes au printemps dernier, et ce malgré le procès récemment perdu face à ce con d'Eric Zemmour. Dans la vidéo dans laquelle il annonçait qu'il allait faire appel de la décision, Youssoupha avait discrètement calé quelques notes de son dernier classique ci-joint. Au moins aussi fou que le court  freestyle qu'il a publié par la même occasion. Passage par Nantes le 10 décembre et sortie du quatrième album le 23 janvier.



Nessbeal - Force et honneur

J'ai toujours admiré la faculté qu'a Nessbeal a enchaîné les portraits comme Booba enchaîne les métaphores. Quelques mots pour une situation précaire, dangereuse, malheureuse ou illégale. Un enfant dans la misère, une femme face à la violence ou un homme devant la justice. Nessbeal raconte les côtés sombre de la vie avec pudeur et compassion sans jamais tomber dans le pitoyable. Ses albums sont des trombinoscopes de gueules cassées. "Force et honneur" est extrait de son excellent dernier album, Sélection naturelle.



Booba - Pigeons

Deux choses à dire suite à la sortie récente d'Autopsie 4, dernière mixtape de mon copain Booba. Première chose : l'habitude qu'il a pris depuis le début de sa carrière d'emprunter une phrase ou un mot d'un ancien album pour en faire un morceau entier sur le suivant devient tellement excitante qu'il devrait lancer un concours : "devine la tracklist de mon prochain album et gagne un voyage à Miami". Après s'être carrément auto samplé dans "Jour de paye" l'an dernier, il récidive dans Pigeons cette année. Du génie. Car ce n'est pas qu'il n'aime pas se mélanger mais disons, simplement que les aigles ne volent pas avec les pigeons. Deuxième chose : ses textes sont de moins en moins denses et l'enferment dans une esthétique gangster qui devient de plus en plus pesante. Autopsie 4 n'est qu'une mixtape, mais l'impression ne date pas d'hier. Ressaisis toi l'ami, ou l'on va finir par vraiment penser que que tu as perdu le nord, que tu t'es éparpillé.



Grems et Némir - Gens du passage

J'ai manqué le passage de Némir à Nantes en février dernier parce que j'avais sacrifié mon début de soirée pour le club de football qui m'a viré sans états d'âme quelques mois plus tard. La vie est une chienne. Sur ce morceau extrait d'Algébre 2.0, sa plume et son flow éclipsent Grems, dont le talent et l'hyperactivité n'ont d'égal que l'arrogance. Te vexe pas hein, je vais quand même l'acheter ton vinyle.



mardi 29 novembre 2011

Yes i like

Ces jeunes rappeurs nantais ont de drôles de flows, cultivent une esthétique étrange (vous avez vu comme leurs pantalons sont moulants?) et s'encombrent de curieux instruments sur scène, mais qu'est ce qu'ils se débrouillent bien.





Trêve d'ironie, rendez-vous le 17 décembre à Stéréolux pour la bonne cause. Et demain ici même pour un nouvel épisode du «rap français va bien

jeudi 24 novembre 2011

Un billet sur la tête d'Éric Zemmour

Youssoupha a récemment été condamné pour « menace de mort » à l'encontre du polémiste Éric Zemmour. Retour sur la carrière déjà brillante d'un rappeur qui s'apprête à sortir son troisième album et éclairage sur le millième procès du rap français. 


Novembre 2005. Youssoupha  et son Éternel recommencement entrent dans le rap français par la grande porte. « On décrit la même réalité, on dénonce les mêmes problèmes. Titres après titres, albums après albums, au point qu'j'ai l'sentiment que tout ça n'est qu'un éternel recommencement ». Premier et dernier avertissement avant une avalanche d’assonances et d’allitérations sans refrains ni respirations, sur des sujets milles fois abordés mais pourtant sublimés par la plume consciente et engagée du « lyriciste Bantu ». Le fond et la forme déjà réunis pour annoncer la sortie du premier album, « À chaque frère », deux ans plus tard.

Mars 2009. Youssoupha prépare la sortie du deuxième album, « les chemins du retour ». Le premier extrait en ligne, À force de le dire, est à nouveau un morceau dense et engagé. « Un titre où j’aborde divers sujets de société, parmi lesquels les mauvais effets des drogues douces, l’assassinat des leaders d’opinion, l’élection de Barack Obama, la lutte contre le sida, la guerre au Congo, la violence dans les stades... » se défendra le rappeur quelques semaines plus tard dans la tribune que lui accordera Le Monde. Parce qu'entre temps, les médias s'emparent du morceau pour une rime malheureuse sur celui qui pense que le rap n'est qu'une sous culture d'analphabètes : «  À force de juger nos gueules les gens le savent / Qu’à la télé souvent les chroniqueurs diabolisent les banlieusards / Chaque fois que ça pète on dit qu’c'est nous / J’mets un billet sur la tête de celui qui fera taire ce con d’Éric Zemmour. » Dépôt de plainte du con en question, Une du figaro racoleuse et emballement médiatique. Le fantasme un peu facile du rappeur criminel est de retour et Youssoupha devient le vilain voyou qui veut abattre l'innocent chroniqueur. « On me fait la guerre alors que j'arrive en paix » anticipait Youssoupha dans son Éternel recommencement... Très vite, pourtant, les féministes tombent sur Orelsan et sa prétendue misogynie et l'affaire Zemmour sombre dans l'oubli. Jusqu'au jugement.

Septembre 2011. Youssoupha surfe sur le succès de sa mixtape « En noir et blanc », sortie avant l'été, pour faire monter la pression sur les réseaux sociaux à l'approche du procès. Point d'orgue, il publie « Menace de mort » la veille de son passage au tribunal. Un couplet en guise de mise en contexte, puis un autre pour se justifier : Youssoupha dénonce l'acharnement judiciaire dont le rap est victime, puisque Monsieur R, NTM, Ministère Amer, La Rumeur, Sniper et Orelsan avant lui, parmi d'autres, ont déjà fait les frais de dérives judiciaires et médiatiques similaires. Le rap dérange depuis toujours, et c'est sa liberté d'expression et personne d'autre qui est ici menacée de mort.

Octobre 2011. Le verdict tombe. Youssoupha est condamné à 800 euros d'amende avec sursis, 1 000 euros de dommages et intérêts et 2 000 euros de frais de justice à verser au plaignant. Parce que la décision est « injuste et injustifiée », que le procès « dépasse [son] propre cas » et pour « défendre la cause », et ce malgré la sortie de son troisième album qui approche (« Noir Désir »), Youssoupha fait toutefois appel de la décision du tribunal. Le feuilleton judiciaire entre le rap, la politique et les médias continue. Au point que j'ai le sentiment que tout ça n'est qu'un éternel recommencement.

Article lui aussi rédigé pour le site internet du magazine Pulsomatic. L'information vient de tomber : Noir Désir sortira le 23 janvier. Youssoupha sera en concert à Nantes le 10 Décembre

lundi 21 novembre 2011

Les femmes du tram

Pas simple de voyager l'esprit tranquille quand la plus jolie fille du tram est assise en face. Deux choix s'offrent à vous dans ce genre de situation : composter le ticket qui moisit au fond de votre poche depuis 2 mois et aborder la belle, ou bien passer sur le site de la Tan découvrir le premier clip de Blacksad, « Les femmes du tram », en ligne depuis ce lundi. Le rappeur nantais aux instrumentaux teintés de jazz, dont l'histoire ne dit pas s'il voyage en règle, profite de cette situation de tous les jours et des jolies images d'Anaël Lefèvre, des Films du miroir, pour faire une entrée dans le paysage musical nantais autant remarquée qu'une belle brune qui monte à Saint-Mihiel. La Tan, qui avait déjà eu l'excellente idée de diffuser des voix d'enfants dans ses tramways le 1er avril dernier, a soutenue le projet du tournage du clip en 2010 jusqu'à sa diffusion aujourd'hui. Promis, l'an prochain je prends un abonnement. 



lundi 14 novembre 2011

Les metteurs en scène du quotidien

Un copain a posté une vidéo sur Facebook. J'ai cliqué. J'ai regardé. J'ai rigolé. Ça m'a donné une idée d'article. J'ai aimé. J'ai commenté. Bref, un copain a posté une vidéo sur Facebook.



Prenez une scène banale, ajoutez-y du recul, du second degré, de l'humour et des références, trouvez une manière originale de la raconter et bourrez là jusqu'à overdose de clins d'oeil aux gens de votre génération : vous obtenez Norman fait des vidéos, Hugo tout seul, Bref  et 10 minutes à perdre. Ou Orelsan, qui connaissait déjà la recette en 2009.



Bien trop occupé à le châtier pour sa prétendue misogynie, les médias et le grand public étaient passés à côté de son premier album. Le récent succès du deuxième permet à certains de rattraper le retard,  tandis que sa présence dans la dernière vidéos de Norman boucle la boucle. Mais peu importe hier, le principal reste... aujourd'hui.

lundi 31 octobre 2011

Favet neptunus eunti

Elle, Américaine d'origine cubaine. Lui, Français d'origine irakienne. Pas étonnant donc que ce soit à Nantes, dont la devise latine promet que Neptune favorise ceux qui voyagent, que le duo Backpack Jax sorte peu à peu de l'anonymat. Leur Hip hop organique, que l'on peut entendre sur leur très bon premier album, sera d'ailleurs à l'affiche des Transmusicales de Rennes en décembre prochain. Sans doute la meilleur manière de les découvrir puisque leurs concerts amènent le rythme et l'énergie qu'il manque parfois à Remember the future. Da Goodsh!t, leur premier morceau clippé plus représentatif de leurs prestations scéniques mais malheureusement absent sur l'album, est en partie tourné dans un tramway nantais. L'humeur voyageuse, sans doute.



dimanche 30 octobre 2011

A Swedish Love Story

Des adolescents qui se rencontrent, tombent amoureux, mais n'osent pas se parler. Des parents qui se déchirent et sombrent dans l'alcool et la dépression. Des mobylettes, des booms et des parties de football. Une bagarre, des cigarettes et des baisers. Bref, une romance mille fois racontée. Mais cette histoire d'amour suédoise, pourtant, est différente de toutes les autres.


Réalisé en 1970 par Roy Adersson, A Swedish Love Story n'est sorti en France qu'en 2008. Sans jamais tomber dans le l'excès ou la mièvrerie, ce film oublié oppose la beauté et la simplicité de l'amour adolescent aux tourments de la vie d'adulte. Un hymne à la jeunesse portée par une merveilleuse bande originale et des images extraordinaires dont les seuls détails qui ont vieilli, comme les blousons de cuir, l'omniprésence du tabac et les mobylettes surannées, apportent un  irrésistible charme rétro. 115 minutes de silences, des gestes et des regards filmés avec tendresse et poésie. Un aller simple pour l'adolescence. Un film culte pour l'éternité.


Bonus à écouter

jeudi 27 octobre 2011

En sous-marin

40000 téléchargements en deux semaines sans coke ni sky. Joli score pour l'excellent projet submersible d'Alpha Wann et Nekfeu, évadés de 1995 le temps d'une net tape et associés pour l'occasion au duo de beatmakers Basement Beatzz.



Les plus malins auront reconnu dans ce premier extrait clippé un sample de "Mr Sandman" des Chordettes, qu'une marque de grande distribution avait déjà odieusement repris il y a quelques années et que l'on peut également entendre lorsque Marty Mac Fly arrive dans le Hill Valley des années 50 (à 8'00). Et la référence à ce classique des Pharcyde, aussi. Mais si tu es vraiment malin, tu écoutes plutôt ce morceau, bientôt clippé lui aussi, qui aborde avec une rare pertinence les relations entre hommes et femmes sur une production démentielle. J'essaierai de réécrire un truc sur le sujet.

lundi 17 octobre 2011

17 octobre 1961 - 17 octobre 2011

Je déambulais rue de la Chalouère, à Angers, un lendemain matin de jeudi soir. Fin 2006, début 2007, peu importe. Ces enfoirés de Google map ne s'y sont pas intéressés, mais moi je n'ai vu que ça. Un «17 octobre 1961» s'étalait en lettres noires, à l'entrée d'une impasse, sur le mur d'un quidam. Suivi d'une sentence qui avait alors attisée ma curiosité. «Etat assassin», «Policiers meurtriers» ou un truc dans le genre dont je ne me souviens plus vraiment. Etonné de n'avoir jamais entendu parler cette date à l'école, j'ai été contraint de la googler pour comprendre. Mais peu importe mon histoire, la leur est plus importante. Et c'est encore Médine qui la raconte le mieux.



50 ans plus tard, le crime n'est toujours pas officiellement reconnu et reste traité comme une anecdote dans les livres d'Histoire. La Rumeur avait raison : « les rapports du ministère de l'Intérieur ne feront jamais état des centaines de nos frères abattus par les force de Police sans qu'aucun des assassins n'ait été inquiété». Triste anniversaire.

jeudi 13 octobre 2011

Bref

Voilà comme promis un rapide résumé de mes brouillons abandonnés ces dernières semaines par manque de temps.

Guizmo - Normal

La qualité de l'album est inversement proportionnel à la beauté de la pochette.
Le premier membre de l'Entourage à se lancer en solo n'est pas celui que l'on attendait. Malgré l'engouement suscité par la sortie du premier maxi de 1995 et les prestations de Jazzy Baz et Deen Burbigo lors de la dernière saison des Rap Contenders, c'est Guizmo, que l'on avait à peine aperçu jusqu'alors, qui dégaine en premier. Un album plein de spontanéité dont le seul mince défaut est de ne s'écarter que rarement des deux thèmes de prédilections d'un rappeur à l'incroyable charisme : l'alcool et la rue. On lui pardonne largement, cependant, tant les productions, les rimes et les flows sont excellents. A consommer sans modération.



RIP Contenders

"Le Rap Contenders 4 est annulé, l'équipe ne pouvant pas garantir le bon déroulement de l'évènement". C'est par ce communiqué publié sur Facebook à moins d'une semaines du tournage des battles, qui prétexte plus loin des "raisons personnelles", que les nombreux fans des Rap Contenders ont appris que l'aventure se terminait. Ou comment se tirer une balle dans le pied en plein buzz. S'il veut continuer à se plaindre du manque de respect et de visibilité dont il est victime, le rap français va devoir apprendre à gagner en crédibilité et en professionnalisme. Parce que là c'est genre, pathétique.



Taipan - La rentrée des clash

Vanné sur l'un de ses morceaux intitulé "Koideneuf negro" lors de son excellent battle face à Deen Burbigo (à 14'40), Taipan a répondu dans son dernier clip avec une dose d'auto-dérision frôlant le génie (à 1'47). J'attends la sortie de ses prochains sons le 5 décembre avec autant d'impatience que la signature de Beckham à Paris.



Booba - Live à Bercy

Pour ses prochains concerts, Booba devrait sérieusement penser à s'installer dans la fosse et à laisser sur scène son public et son DJ. Abusant des playbacks et de l'aide de ses fans, qui finissaient constamment les phrases que sa voix cassée peinait déjà à commencer, Booba a parfois frôlé le ridicule lors d'un concert sans relief dans un Bercy qui affichait pourtant complet. Je pensais que la scène n'était pas son point fort mais je me trompais : c'est son point faible.



mercredi 12 octobre 2011

Pour une seule bonne raison

Un refrain chanté qui revient toutes les 30 secondes, aucun mot de plus de deux syllabes, pas de vulgarité et une fable toute simple qui fait se lever de bonne humeur : le rap français sait désormais s'adapter aux exigences du grand public, malgré les réticences des amateurs qui ne voient souvent dans ce genre de morceaux qu'un signe de soumission à l'industrie du disque.



Je m'étais déjà fait la remarque avec Désolé de Sexion d'Assaut, puis avec Les vents favorables de La Fouine. J'avais d'ailleurs abordé le sujet avec lui, à l'occasion d'une interview lors de son passage à Nantes en février dernier. "Les vents favorables, c'est l'une des chansons les mieux écrites de l'album" m'avait-il répondu alors que je lui avouais que j'adorais le morceau, malgré une écriture plus naïve que d'habitude. "Il n'y a que les journalistes qui intellectualisent les chansons. Ce morceau est naïf, oui, mais il va accompagner les gens au travail, à l'école, partout !" avait-il insisté devant mon incrédulité. Révélation. Même si, six mois plus tard, j'ai encore mis plusieurs jours à m'avouer que j'adorais ce morceau d'Orelsan. "Je me suis autorisé cet écart parce que je trouve que la naïveté manque dans le rap français" avait conclu La Fouine, dont l'album, tout comme celui d'Orelsan, était par ailleurs excellent. Si eux se l'autorisent, alors pourquoi pas moi ? Au fond, je crois que la terre est ronde.

[L'interview de La Fouine n'a jamais été publiée parce que je suis un foutu bon à rien et que j'ai d'abord celle de Lartizan à finir. J'ai 5 articles en chantier, j'essaie de compiler et publier ça rapidement pour me faire pardonner de ces deux semaines d'absences.]

dimanche 2 octobre 2011

Il s'en balle les couilles

Se raser, l'orthographe, la concurrence, la modestie, les sujets tabous et tout ce genre de conneries inutiles, Taipan n'en a rien à foutre. Je vous avais prévenu, ce type est au dessus de tout. Son battle contre Deen Burbigo sera l'évènement du mois de juin.

Ci-joint son dernier clip.



Il n'y a pas de faute dans le titre, juste une référence.

mercredi 14 septembre 2011

Le rap français va bien #4

Youssoupha - Menace de mort

Alors que l'affaire qui l'oppose à Eric Zemmour sera jugée demain après-midi, Youssoupha vient de sortir le deuxième extrait de son prochain album, Noir Désir, qui fait très clairement référence à la polémique et au procès. Aller hop, directement dans la case "légende" du rap français.



Orelsan - Suicide Social

Je l'écrivais en début de semaine, voilà un morceau qui vaut sans doute plus que 2 euros. Un mélange d'humour et de haine, d'ironie et de sincérité, d'émotion et de règlements de compte, de MC Jean Gabin et de Sully Sefil. Et sans doute aussi un joli clin d'oeil à La 25eme heure. Classique instantanée. Sortie de l'album dans moins de deux semaines. (le clip sort demain, la vidéo sera mise à jour)



Sefyu - 5 minutes

La capacité de Sefyu à poser un décor, raconter une histoire ou dresser un portrait en une poignée de mots, démontrée depuis longtemps, m'étonnera toujours. Sortie de son troisième album le 17 octobre.




Douleur et peine

"Un jour tu ris, un jour tu pleures. Un jour tu vis, un jour tu meurs". Réécouter aujourd'hui l'un des morceaux les plus aboutis de la carrière de Booba, réalisé par DJ Medhi, fait froid dans le dos.


Producteur précoce pour Idéal J, le 113, Rocé et la Mafia k'1 Fry, entre bien d'autres, DJ Mehdi est décédé accidentellement la nuit dernière à l'âge de 34 ans. Le premier mort dont je parlais en mai dernier ? Peut-être, car sa contribution au rap français, résumée par un mix disponible sur l'abcdr du son, est tout simplement colossale. Un artiste tellement talentueux qu'il s'est aussi illustré dans l'electro après avoir signé, il y a quelques années, sur le mythique label Ed Banger.

Si l'émotion liée à sa disparition s'explique avant tout par l'oeuvre extraordinaire qu'il laisse derrière lui, il est tout de même consternant de voir que le hip hop ne fait la une des médias que pour un nouveau faits-divers. Ouest France, Le Parisien et 20 minutes, pour ne citer qu'eux, sont ridicules.  Et que des dire des politiques qui ne savent même pas écrire correctement son prénom... Heureusement, Libération et Stéphanie Binet sauvent une fois de plus l'honneur. 

"Des averses de bonheur, des cyclones de douleur" prédisait Booba. RIP l'artiste.

lundi 12 septembre 2011

Indignez-vous !

Voilà un morceau qui vaut sans doute plus que 2 euros.



L'album sera dans les bacs le 26 septembre.

mardi 6 septembre 2011

Le rap français va bien #3

Deen Burbigo contre Taipan - Rap Contenders 3

Sans commentaires.



Taipan - La rentrée des clash

Sans label depuis son départ de LZO Record (ce qui me fait penser que l'interview de Lartizan sera bientôt en ligne), Taipan a annoncé hier après-midi sa signature chez Bomayé Musik, le label de l'excellent Youssoupha, avant de dévoiler un premier morceau dans la soirée. Le temps des promesses est visiblement dépassé, et si l'attente de son battle contre Deen Burbigo a été le fil de rouge de mon été, il n'existe désormais plus de mots pour décrire mon impatience et mon excitation. La suite, vite !



Orelsan - 1990

Il avait déjà fait le coup des vidéos d'annonces délirantes pour son premier solo "Perdu d'avance"... Et après s'être tourné vers le futur pour le premier extrait de son prochain album, Orelsan plonge dans les années 90 en dévoilant le clip d'un interlude du "Chant des sirènes", qui sort le 26 septembre.prochain. De l'instru aux invités, en passant par le flow, les vêtements, les clins d'oeil et les références, tout est simplement parfait. Pas de blagues cette fois les féministes, merci.



Cassidy, Hifi, Gaiden, Pand'Or, Mokless et TSR Crew - Freestyle à Goom Radio

50 heures de rap non stop, c'est le défi qu'a relevé Goom Radio ce week-end en invitant une grande partie de la scène rap française dans ses locaux. Joli record et géniaux freestyles. Comme celui-là, par exemple.



On verra bien- Jazzy Baz (Live au Nouveau Casino)

Les rappeurs de L'Entourage continuent d'inonder Internet de leurs vidéos et on n'est pas prêt de s'en lasser. D'ailleurs, eux aussi ont participé aux 50 heures de Goom Radio.



1995 - A chaque Ligne (avec Zoxea)

Deux mois déjà que le premier album des Parisiens de 1995 ("La source") est sorti, mais comme j'étais en vadrouille entre Brest et Marseille je n'avais encore rien écrit dessus. En voilà un extrait, qui a la particularité d'être entré au panthéon du rap français par la petite et la grande porte en même temps ou presque. Pour ce qui est de la grande porte, vous n'avez qu'à écouter pour comprendre. En ce qui concerne la petite, il suffit de savoir que 1995 et Zoxea se sont fâchés en juillet. Cherchez la différence...



jeudi 1 septembre 2011

En attendant l'apogée

Références folles, attaques cinglantes et humour décapant : la troisième saison des Rap Contenders, tournée le 19 juin et diffusée depuis le mois de juillet, a atteint des sommets de folies. Certaines affiches étaient tellement excitantes que j'attendais plus le battle du vendredi soir que le barbecue du lendemain. C'est dire. Ci-joint la toute première confrontation de l'été, saisissante opposition de style entre Lunik et Suspek T.



Il ne reste plus qu'un battle avant une quatrième saison sur laquelle je bave déjà. Les meilleurs pour la fin : Taipan, favori, de mes pronostics, contre Deen Burbigo, excellent rappeur de L'Entourage. L'apogée avant l'apogée ? Verdict demain soir à minuit.

mercredi 31 août 2011

Insolents d'insolence


Les vrais savent. Moutarde, etc.


Sinon, sachez juste que le blog est de retour.

jeudi 30 juin 2011

Nique sa mère la réinsertion

Vous me voyez là-haut, avec les bras levés ?

J'ai reçu une lettre du FC Nantes, hier. Pas d'entête ni de signature, pas de détails ni de justifications. Juste une sanction, cruelle et définitive : l'école de foot se passera de mes services d'éducateur pour la saison prochaine. En d'autres termes, je suis viré. Un tiers de mon temps se libère, mais un quart de mon salaire disparaît. Sans que je sache pourquoi ni par qui cette décision a été prise. Comme ça, d'un coup, un 29 juin. Aucune éthique, aucun respect, aucune élégance. Un courrier lâche et malhonnête symptomatique d'un club qui n'en finit plus de sombrer. La forme est tellement honteuse que le fond en devient plus acceptable. Un mal pour un bien, peut-être. Difficile pourtant de rebondir ailleurs à une époque de l'année où les autres clubs ont déjà bouclés leur recrutement. Ils m'ont fait tomber si bas que pour en parler faut que je me fasse mal au dos. Putain, quel club de bâtards. (référence nécessaire)

>>> LA LETTRE <<<

samedi 25 juin 2011

Summer zoo (volume 1 - été 2011)


[1] Dans ta réssoi - Alpha Wann et Nekfeu - 1995 (2011)

Je fantasme autant sur l'insolent talent de ces gamins que sur la plastique parfaite de leurs copines dans la baignoire. Tube de l'été de ma voiture.

[2] Raise the bar - Destruct (2011)

Pigeon, oiseau à la grise robe. Dans l'enfer des villes, à mon regard tu te dérobes. Tu es vraiment le plus agile. (plus d'explications)

[3] Marie colère, Marie douceur - Marie Laforêt (1966)

J'aurai très probablement épousé Marie Laforêt si j'étais né avant qu'elle ne s'égare dans des délires mystiques.

[4] I'll be a happy man - Luis Aviles and the latin blues band (1968)

J'ai cherché sans relâche pendant trois longues années l'ensemble des morceaux entendus lors du battle de breakdance le plus fou de l'histoire, et celui-ci fût le dernier à me résister.

[5] Funky bijou anthem - Funky bijou (2010)

La présence de ce morceau ici est miraculeuse parce qu'en théorie je déteste tout ce qui a un rapport plus ou moins lointain avec l'ignoble ville de Rennes, galettes-saucisses et Jérome Leroy en tête.

[6] Shalom salam salut - Seth Gueko (2011)

Parce qu'on ne dénonce pas assez souvent les méfaits des Jeunesses hitlériennes et qu'il fallait bien que je case Booba quelque part. (plus d'explications)

[7] Title music - Japanil Kalyanaraman (1985)

Je pourrais avoir honte de vous faire subir la piètre qualité de ce mp3 mal découpé d'un morceau que j'ai découvert grâce à une compilation géniale de musiques de films indiens, mais le son est tellement débile que je m'en bats les couilles.

[8] J'veux m'évader - Doudou Masta (2001)

De l'absurde au génial il n'y a qu'un pas. Pensez à citer le nom de mon blog lorsque vous ferez découvrir cette merveille à vos amis, merci.

[9] Walk with the beast - Qualm (Al' Tarba remix) (2010)

 La chanson française est ma maîtresse, le rap l'amour de ma vie.

[10] Round the moon - Summer Camp (2010)

Ephébophiles, s'abstenir. (plus d'explications)

[11] You can win - Bileo (1970 et quelques)

Suis-je le seul sur cette planète à considérer ce morceau de funk comme la plus belle chose qu'il soit arrivé à l'Homme depuis l'invention de la jupe ?

[12] A bout d'souffle - Sexion d'Assaut (2011)

Ne cherchez plus la recette du refrain qui tue, c'est Sexion d'Assaut qui l'a. Garantie 100% gay-friendly.

[13] I'll be there - Mac Miller (2011)

Ce type est né en 1992 mais a déjà sorti plus de classiques que Pokora, Diams et Sinik.

[14] L'éclipse - Taipan (2011)

J'espère que Taipan ne lit pas tout ce que j'écris sur lui parce qu'il va finir par croire que je suis un fanatique complètement déglingué. M'enfin c'est quand même pas de ma faute si tout ce qu'il sort est génial.


jeudi 9 juin 2011

Mise à jour

Chose promise, chose due. Le rap français va très bien.

1995 - Flava in ya ear (remix)

Le voilà donc ce premier clip officiel de 1995, collectif parisien que l'on ne présente déjà plus. Ils survolent un classique de Craig Mack avec le talent, l'insolence et l'énergie déjà aperçus dans d'autres vidéos. La Source, première mixtape dont la sortie est prévue le 27 juin, nous en dira plus sur leur capacité à exceller ailleurs que dans des freestyles, battles et concerts



Bonus (parce qu'une semaine est passée depuis le premier papier et que j'en découvre tous les jours) :

Swift Guad - Dernière lettre

Tatoué, barbu, abimé, révolté, sensible et mélancolique. Swift Guad vient de donner une suite à sa magnifique Poussière de vie en attendant son prochain album, L'hécatombe 2.0.



Pand'Or - Twenty

Mais d'où sort cette inconnue au flow clair et percutant qui pose ce couplet vénère sur un instru qui défonce ? Difficile à dire. Sa présence à de la troisième édition de Rap Contenders, où elle affrontera Jazzy Bazz, nous éclairera peut-être. Son passage à la draft, en tout cas, est plus que prometteur.



Pepso - Mais qui veut la peau de Stavinsky ? (épisode 2)

Les aventures de Pepso se poursuivent avec une nouvelle prise d'otage et un deuxième freestyle en guise de rançon. Plus long, plus drôle et plus violent. Avis aux ravisseurs : ne l'abimez pas trop, on en a encore besoin.



Quenelle #4

D'un rêve de gloire dans une chambre de princesse à un clip stéréotypé pour une chanson de merde. l'Hadopi a l'honneur de vous présenter Emma Leprince.



Ce spot, tiré de la nouvelle campagne de communication de l'Autorité la plus moquée au monde, nous explique sans le faire exprès que le téléchargement illégal tue les artistes formatés par les maisons de disques. Alors forcément, moi, je la crois. Et direct j'download.