Affichage des articles dont le libellé est 1995. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est 1995. Afficher tous les articles

lundi 4 juin 2012

Le Rapporteur #4


Mardi 1er mai. Le rap français refait son retard sur le rap américain : Method Man est déjà fan de 1995 et Waka Flocka reprend un vieux classique de Booba.

Mercredi 2 mai. Battle long et pénible entre François Hollande et Nicolas Sarkozy. C'est genre pathétique.

Jeudi 3 mai. En 2005, le député François Grosdidier attaque des groupes de rap qui n'existent plus pour « incitation au racisme » mais perd le procès. Il récidive l'année suivante en accusant Monsieur R d'« outrage aux bonnes moeurs » mais la justice donne raison au rappeur. Aujourd'hui, Grosdidier pourrait bien passer de l'autre côté de la barre pour la gestion catastrophique et malhonnête de la ville dont il est maire. Et perdre une troisième fois ?

Vendredi 4 mai. Après avoir colonisé la France, le concept Word Up s'exporte en Espagne. L'introduction face caméra des présentateurs est au moins aussi ridicule que celle des Rap Contenders, mais ici au moins la salle est remplie.

Samedi 5 mai. Piège de Freestyle est de retour après plusieurs mois sans nouvelles, mais le montage est bâclé et l'introduction laisse penser que le présentateur vote à droite. Une version mise à jour est rapidement mise en ligne, mais le vrai problème persiste pourtant : les rappeurs n'ont que 10 secondes pour s'exprimer.

Lundi 7 mai. La gauche au pouvoir pour Libération, c'est comme « 5 teilles de Balantines » pour Guizmo : c'est  normal. Grosse journée pour Orelsan, qui assiste à son procès face aux féministes en carton de Ni putes ni soumises avant de filer à l'Olympia pour le meilleur live rap français de tous les temps.

Mardi 8 mai. Surréaliste : Lino explique pourquoi il boycotte la sortie de son propre album.

Mercredi 9 mai. Le site n-da-hood disparaît et MC Jean Gab'1 devient le Marion Cotillard au rabais du rap français.

Jeudi 10. Akhenaton et l'Olympique de Marseille donnent raison à l'infâme Eric Zemmour, qui prétend que « le rap est une sous culture d'analphabète », en laissant passer une faute d'orthographe sur le maillot de la saison prochaine. Heureusement qu'il ne s'agit que du troisième maillot d'un club de milieu de tableau. Affaire n-da-hood : ça sent de plus en plus le coup promo foireux.

Samedi 12 mai. Twitter s'affole : La Fouine aurait signalé un compte désormais suspendu. Déjà pointé du doigt pour un dérapage en Belgique, c'est cette fois le rappeur qui « se fait bien niquer sa race » puisque le hashtag #lafouineestunebalance fait partie des sujets les plus abordés en France. ce jour là. Du coup, le dernier freestyle de Morsay passe inaperçu.

Dimanche 13 mai. La longue histoire d'amour entre le rap français et la censure s'éternise. Saison 12, épisode 8 : l'extrême droite n'a pas aimé le dernier clip de Kery James.

Lundi 14 mai. La longue histoire d'amour entre le rap français et le cinéma s'essouffle : La Fouine joue le premier rôle d'un court-métrage d'horreur. Dans lequel il ne dénonce d'ailleurs personne. Selon les Haterz, Sexion d'Assaut se serait de nouveau produit pour une bar mitzvah. Homophobes oui, antisémites non.

Mardi 15 mai. On est ravi de savoir que le magazine GQ s'interesse aux Rap Contenders, mais Philippe Nassif a deux saisons et quinze ans de retard. Parce que ça fait longtemps que le rap est sorti des cités, et que depuis sa punchline contre Meska, Pand'Or a choké.

Mercredi 16 mai. Taipan donne l'interview la plus chiante de sa vie malgré une ou deux réponses bien senties. Joli tee-shirt, au passage. Le festival de Cannes s'ouvre sans Morsay, dont le film est pourtant nominé si l'on en croit ce qui est inscrit au dos de son DVD.

Jeudi 17 mai. Booba ne vient pas rapper cette année sur la croisette. Mais tant pis, c'est Eva Longoria qui s'en charge. Tony Parker peut avoir honte, son ex-femme se débrouille mieux que lui.

Dimanche 20 mai. Malgré son équipe de rêve, Paris n'est pas champion

Mardi 22 mai. Malgré son casting de rêve, Canal Street n'est pas drôle. Aucun rapport : il y aurait eu de vraies armes sur le tournage d'un clip de Booba. Le contraire aurait été étonnant.

Dimanche 27 mai. Le festival de Cannes se termine. Déception : Morsay n'y a finalement pas mis les pieds.

Mardi 29 mai. Ah, ça y est ! Morsay monte enfin les marches.

Mercredi 30 mai. Il n'y a définitivement qu'un seul et unique boss du rap game : 56 000 euros le feat, 500 000 euros la signature.

Retrouvez les rapporteurs des mois de janvier, février et mars.

lundi 2 avril 2012

Le rapporteur #3

La polémique Orelsan atteint son point d'orgue.

Vendredi 2 mars. Endemol pense à Sully Séfil pour la prochaine saison de Secret Story. Lequel décline poliment l'invitation. Dommage, il avait deux secrets : Booba parle de moi dans un morceau et j'ai raté mon retour dans le rap français. On doute que Rohff puisse être invité à sa place.

Samedi 4 mars. L'industrie du disque change d'avis et offre deux victoires de la musique à Orelsan, qu'elle avait pourtant censuré deux auparavant suite à une polémique ridicule. Alors, c'est qui la sale pute ? Pas Rost en tout cas, qui lâche François Hollande à cause de son manque d'implication pour les quartiers populaires. Ce qui va peut-être lui laisser le temps de se remettre à la musique.

Lundi 5 mars. A force de faire référence à The Wire, le rap français est progressivement devenu une série comme les autres. Résumé du dernier épisode : Cortex demande Lady Gaga en mariage en direct de Miami/Seine. 

Jeudi 8 mars. Il est arrivé tête de roumain, il est reparti zgueg dans les mains : l'homme qui avait sectionné au cutter le pénis de l'amant de sa femme devra purger 13 ans de prison. Morsay, toujours candidat à l'élection présidentielle, fête quant à lui le "disque d'or" de son DVD (100 000 ventes, source fiable) sur les Champs-Elysées en compagnie de Swagg Man, qu'on croyait pourtant mort depuis la dernière saison.

Lundi 12 mars. Les Haterz cassent le mythe : selon un commentaire sous l'un de leur statut facebook, Morsay et Zehef jouent la comédie. Sneazzy West préfère piétiner la table du plateau du grand journal plutôt que d'entendre ça.

Mardi 13 mars. On s'attendait à un match serré entre  les trous de Bâle et le Bayern Munich  mais les Allemands l'emportent finalement 7-0. Pas de suspense non plus entre 1995 et la Sexion d'Assaut : 65 000 ventes à 8000 en une semaine pour les homophobes. Sodomie toujours :  Brandao qualifie l'OM pour les quarts de finale de la Ligue des Champions grâce à un contrôle du dos. Busta Flex aime ça.

Mercredi 14 mars. Les Cahiers du Cinéma rationalisent La Vengance à leur tour.

Jeudi 15 mars. Le dernier clip de Taipan laissait penser qu'il voulait jouer avec le grand public. Son dernier statut facebook prouve plutôt qu'il veut jouer avec le feu.

Vendredi 16 mars. Sur leurs polos des impacts de balles forment leurs logos : excellent papier du magazine Vice sur le mythe des polos Brice dans le rap français de la fin des années 90. Et si le meilleur magazine de rap français était Québécois ?

Mardi 20 mars. Kery James a compris la pauvreté de la presse rap en France mais a encore des progrès à faire en communication : après s'être confié à Youssoupha lors d'une interview en trois parties, il s'adresse solennellement à ses fans dans une interminable vidéo où il apparaît seul devant un mur. Orelsan est programmé sur le festival Beauregard d'Hérouville Saint-Clair, ville dont il est originaire. Toujours utile d'avoir de la famille à la mairie. Wrung brouille les frontières entre freestyle vidéo et spot de pub. Malin.

Mercredi 21 mars. Bonne nouvelle concernant la prochaine mixtape de Grems : elle va sortir en physique. Mauvaise nouvelle : il faudra acheter Tsugi pour l'avoir.

Jeudi 22 mars. Après plus de 30 heures de siège, les forces de l'ordre pénètrent enfin dans l'appartement du tueur au scooter. Naja aurait réglé ça plus rapidement. Les Haters et les Cahiers du Cinéma l'avaient annoncé : Morsay assume encore un peu plus son personnage et part à la poursuite des illuminati sur Canal Street avant de donner une interview surréaliste à Mouloud. Et si on avait créé un monstre ? Confirmation enfin : Taipan et le grand public, c'était de l'intox.

Samedi 24 mars. Sur le plateau de Laurent Ruquier, Natacha Polony reproche a Youssoupha d'être trop bavard dans ses morceaux. On attend avec impatience qu'elle demande à un rockeur d'arrêter de jouer de la guitare.

Lundi 26 mars. « L'Etat est de loin le plus grand proxénéte, bon biz propre et net » [Sat, 1997]. « DSK mis en examen pour proxénétisme aggravé en bande organisée » [Libé, 2012]

Mercredi 28 mars. Zoxea découvre que l'industrie du disque est en crise. Suicide médiatique et politique de Didier Robert, président UMP du conseil régional de la Réunion, qui retire la subvention du festival Sakifo parce qu'il programme Orelsan, artiste qui appelle selon lui « à la haine, au viol, à la pédophilie ». Les joueurs d'orgue de l'île en profitent pour se placer discrètement. Pour la marche funèbre ?

Jeudi 29 mars. Alkpote découvre à son tour que l'industrie du disque est en crise mais se console aussitôt avec le dernier bon mot de Séguela, qui visiblement connaît ses classiques.

Vendredi 30 mars. Booba soulève 500 kilos de fonte.

Retrouvez les rapporteurs des mois de janvier et février. Rendez-vous en mai pour l'actualité du mois d'avril.

lundi 26 mars 2012

Areno Jaz - Alias Darryl Zeuja


Sa nonchalance et sa discrétion ont d'abord éclipsé son talent. Peu présent sur le premier EP de 1995 (La source), groupe avec lequel il est sorti de l'anonymat l'an dernier, Areno Jaz est longtemps resté dans l'ombre de ses camarades Nekfeu, Sneazzy West ou Alpha Wann, hyperactifs et plus à l'aise dans les médias et sur les réseaux sociaux. Aussi pouvait-on penser que la sortie de son EP solo en février dernier n'allait rien donner. On se trompait. Areno Jaz y raconte sa vie décousue de graffeur torturé sur des productions boom bap jazzy qui collent à son flow traînant. Il se paye même le luxe de trouver la recette du refrain parfait (« J'vends de la rime ») et d'inviter de talentueux inconnus (« Trouve moi » feat. NCA crew). Une émancipation surprenante qui force à écouter d'une autre oreille les couplets qu'il lâche sur La suite, très bon deuxième EP de son groupe sortie quelques semaines après le sien.

Chronique rédigée pour le magazine Pulsomatic du mois d'avril.




mardi 20 mars 2012

Le rap français va bien #7


Plusieurs mois se sont écoulés et de nombreux albums sont sortis depuis le dernier épisode. De quoi alimenter une émission de radio d'une heure, la fameuse Bagarre, pendant laquelle nous nous sommes concentrés sur les meilleurs morceaux sortis depuis le début de l'année 2012.



LA PLAYLIST DE L'EMISSION

Fixpen Sill - Train de vie : La très bonne surprise de la fin de l'année 2011 pour commencer. Le talent et l'énergie des rappeurs de l'Entourage avec l'esprit torturé et les revendications en plus. Et ça vient de Nantes !
 
1995 - Comment dire : On pensait Sneazzy West définitivement perdu pour le rap, on se trompait peut-être. Solide et cohérent, le deuxième EP de 1995 porte finalement plutôt bien son nom.

Areno Jaz - J'vends de la rime : Plus discret que les autres membres de 1995 mais au moins aussi talentueux. Chronique plus longue de son EP à venir dans les tout prochains jours.

Némir et Deen Burbigo - Ailleurs : Et pourtant je ne supporte pas l'accent du sud.

Klub des loosers - Au commencement : Morceau de conclusion d'un album d'une rare cohérence. Fuzati assure les textes et les productions en se concentrant sur le thème improbable de la reproduction. Bon pour les oreilles, mauvais pour la libido. 

Sexion d'Assaut (avec Dry) - Assez : Ils ont trouvé la recette du refrain-qui-tue et ne la lâchent plus. Leur démarche d'ouverture au grand public est critiquable, certes, mais mieux vaut entendre Sexion d'Assaut que Manau dans les médias et les boites de nuit. Vivement le solo de Maître Gims, en survole au dessus de l'album.

Youssoupha - Les disques de mon père : Parler de son fils sur un sample de son père = concept multigénérationnel délirant. Youssoupha fait partie de la troisième générations de rappeurs français, celle qui porte cette musique là où elle devrait être depuis plus de 10 ans.

Disiz - Le poids d'un gravillon : Retraite anticipée, retour réussi : le rap français tient son Laure Manaudou.

LA PLAYLIST BONUS 
(parce que l'émission ne dure qu'une heure)

Pejmaxx - Calligraphie sur porcelaine : Sa plume et sa diction forcent à la comparaison avec Flynt et Booba. C'est plutôt un compliment.

Zoxea (avec Melopheelo et Dany Dan) - Show Time : Et si les rappeurs des années 90 réussissaient enfin à vieillir dans la musique ?

Al K-Pote - Gainzbeur : Toujours plus sale, vulgaire et surréaliste. Indéfendable devant une mère ou une petite copine, mais c'est précisément pour ça qu'on l'écoute.

Nakk et Dixon, Mokless, Médine, Jeff le Nerf, Youssoupha, REDK, Lino - Invincible : L'unité dans le rap français n'est pas qu'un vieux morceau de La Fouine, c'est aussi et surtout un concept dont on est très fan. Le couplet de Médine se passe de commentaires.

Pepso Stavinsky - Prête l'oreille : L'ambition légitime de faire parler de sa musique l'a sans doute plus influencé que son voyage à Rennes, et le rappeur français blanc le plus nonchalant est incontestablement Taipan. Mis à part ces deux détails, impossible de ne pas prêtez l'oreille comme Pepso nous le demande si gentiment.

Retrouvez toutes les autres Bagarre sur facebook et sur le site de Radio Prun.

mercredi 18 janvier 2012

L'année du geste #1

L'abcdr s'étant déjà penché sur l'année rap 2011, je vais me concentrer sur la prochaine. Plus modestement et en ne parlant que des sorties d'albums de rap français, parce que c'est ma spécialité, mais avec un pronostic perso mêlant le fantasme à la réalité. Premier épisode d'une série que j'espère finir (je ne vous fais pas de dessin) avec trois poids lourds qui vont faire parler d'eux dans les semaines à venir.

 
Youssoupha - "Noir Désir" - 23 janvier
Je vais faire court pour commencer parce que je ne parle déjà presque plus que de lui (41, 33 puis 20 jours avant Noir Désir) : la sortie du troisième album de Youssoupha est l'évènement de ce début d'année 2012 pour les premiers extraits prometteurs et le buzz qu'il suscite. Si ses dernières vidéos sont plutôt décevantes, (trop longues et sans intérêts) je publierai tout de même la suite de son interview ce week-end et je serai chez le disquaire lundi.

Pronostic perso : Classic shit. Youssoupha devient le deuxième trentenaire à rapper comme un adulte, prend la confiance et sort un quatrième solo dans la foulée qu'il appelle enfin "Négritude".

Sexion d'Assaut - "L'apogée" - 5 mars
Révélée au grand public avec leur excellente "Ecole des points vitaux" en 2010, mais abattue dans la foulée par les censeurs et les médias pour une homophobie qu'ils n'avaient pourtant jamais chercher à masquer (ce qui n'excuse évidemment rien), la Sexion d'Assaut s'est d'abord faite toute petite pour ensuite réapparaître progressivement en 2011 avec leurs "Chroniques du 75". Choix artistiques douteux, références incessantes à leurs chiffres de vente et rimes revanchardes :  le temps de l'unanimité et des freestyles prometteurs est  révolue depuis longtemps et les sept rappeurs parisiens semble s'être enfermés dans une quête orgueilleuse d'un succès populaire. L'une de leurs dernière vidéos prouve qu'ils sont pourtant encore capable de rapper. Charge à  l'Apogée de le confirmer. 

Pronostic perso : Succès dans les cours de récréations et passage en boucle sur Skyrock, mais levé de boucliers des associations homosexuels pour une rime ambiguë de Maître Gims. Heureusement, Lefa  joue le gendre idéal  chez Ruquier et tout s'arrange. Maska, lui,  arrête le rap pour se consacrer au culturisme.

1995 - "La suite" - 5 mars
Vente impressionnante, tournée triomphale, passage dans Le Monde et sur LCI, entre autres médias spé et généralistes, swag et punchlines en rafale aux Rap Contenders, annonces et/ou sorties de multiples projets parallèles : l'apparition des jeunes parisiens de 1995 et la sortie de "La source", leur premier album, aura été l'un des évènements marquants de l'année 2011 du rap français. Sortir "La suite", deuxième EP du groupe, le même jour que l'Apogée était-il cependant bien nécessaire ? Les fans et les médias risquent de se livrer à un drôle de coude à coude dont la réussite artistique des projets  respectifs ne sera pas forcément le principal argument. Dommage.

Pronostic perso : L'album, à l'image de son nom, manque parfois d'inspiration malgré les productions de DJ Lo et quelques fulgurances signées Nekfeu qui, humilié par la sortie d'une vidéo pirate de son battle face à Lunik, décide de quitter le groupe. Sneazzy West se dépucelle enfin et Alpha Wann publie un certificat médial attestant qu'il ne louche pas. 

Dans les prochains épisodes : Taipan, Rap Contenders, Médine, Zoxea, Booba, Black Kent, Despo Rutti et tous leurs amis. 

jeudi 27 octobre 2011

En sous-marin

40000 téléchargements en deux semaines sans coke ni sky. Joli score pour l'excellent projet submersible d'Alpha Wann et Nekfeu, évadés de 1995 le temps d'une net tape et associés pour l'occasion au duo de beatmakers Basement Beatzz.



Les plus malins auront reconnu dans ce premier extrait clippé un sample de "Mr Sandman" des Chordettes, qu'une marque de grande distribution avait déjà odieusement repris il y a quelques années et que l'on peut également entendre lorsque Marty Mac Fly arrive dans le Hill Valley des années 50 (à 8'00). Et la référence à ce classique des Pharcyde, aussi. Mais si tu es vraiment malin, tu écoutes plutôt ce morceau, bientôt clippé lui aussi, qui aborde avec une rare pertinence les relations entre hommes et femmes sur une production démentielle. J'essaierai de réécrire un truc sur le sujet.

jeudi 13 octobre 2011

Bref

Voilà comme promis un rapide résumé de mes brouillons abandonnés ces dernières semaines par manque de temps.

Guizmo - Normal

La qualité de l'album est inversement proportionnel à la beauté de la pochette.
Le premier membre de l'Entourage à se lancer en solo n'est pas celui que l'on attendait. Malgré l'engouement suscité par la sortie du premier maxi de 1995 et les prestations de Jazzy Baz et Deen Burbigo lors de la dernière saison des Rap Contenders, c'est Guizmo, que l'on avait à peine aperçu jusqu'alors, qui dégaine en premier. Un album plein de spontanéité dont le seul mince défaut est de ne s'écarter que rarement des deux thèmes de prédilections d'un rappeur à l'incroyable charisme : l'alcool et la rue. On lui pardonne largement, cependant, tant les productions, les rimes et les flows sont excellents. A consommer sans modération.



RIP Contenders

"Le Rap Contenders 4 est annulé, l'équipe ne pouvant pas garantir le bon déroulement de l'évènement". C'est par ce communiqué publié sur Facebook à moins d'une semaines du tournage des battles, qui prétexte plus loin des "raisons personnelles", que les nombreux fans des Rap Contenders ont appris que l'aventure se terminait. Ou comment se tirer une balle dans le pied en plein buzz. S'il veut continuer à se plaindre du manque de respect et de visibilité dont il est victime, le rap français va devoir apprendre à gagner en crédibilité et en professionnalisme. Parce que là c'est genre, pathétique.



Taipan - La rentrée des clash

Vanné sur l'un de ses morceaux intitulé "Koideneuf negro" lors de son excellent battle face à Deen Burbigo (à 14'40), Taipan a répondu dans son dernier clip avec une dose d'auto-dérision frôlant le génie (à 1'47). J'attends la sortie de ses prochains sons le 5 décembre avec autant d'impatience que la signature de Beckham à Paris.



Booba - Live à Bercy

Pour ses prochains concerts, Booba devrait sérieusement penser à s'installer dans la fosse et à laisser sur scène son public et son DJ. Abusant des playbacks et de l'aide de ses fans, qui finissaient constamment les phrases que sa voix cassée peinait déjà à commencer, Booba a parfois frôlé le ridicule lors d'un concert sans relief dans un Bercy qui affichait pourtant complet. Je pensais que la scène n'était pas son point fort mais je me trompais : c'est son point faible.



mardi 6 septembre 2011

Le rap français va bien #3

Deen Burbigo contre Taipan - Rap Contenders 3

Sans commentaires.



Taipan - La rentrée des clash

Sans label depuis son départ de LZO Record (ce qui me fait penser que l'interview de Lartizan sera bientôt en ligne), Taipan a annoncé hier après-midi sa signature chez Bomayé Musik, le label de l'excellent Youssoupha, avant de dévoiler un premier morceau dans la soirée. Le temps des promesses est visiblement dépassé, et si l'attente de son battle contre Deen Burbigo a été le fil de rouge de mon été, il n'existe désormais plus de mots pour décrire mon impatience et mon excitation. La suite, vite !



Orelsan - 1990

Il avait déjà fait le coup des vidéos d'annonces délirantes pour son premier solo "Perdu d'avance"... Et après s'être tourné vers le futur pour le premier extrait de son prochain album, Orelsan plonge dans les années 90 en dévoilant le clip d'un interlude du "Chant des sirènes", qui sort le 26 septembre.prochain. De l'instru aux invités, en passant par le flow, les vêtements, les clins d'oeil et les références, tout est simplement parfait. Pas de blagues cette fois les féministes, merci.



Cassidy, Hifi, Gaiden, Pand'Or, Mokless et TSR Crew - Freestyle à Goom Radio

50 heures de rap non stop, c'est le défi qu'a relevé Goom Radio ce week-end en invitant une grande partie de la scène rap française dans ses locaux. Joli record et géniaux freestyles. Comme celui-là, par exemple.



On verra bien- Jazzy Baz (Live au Nouveau Casino)

Les rappeurs de L'Entourage continuent d'inonder Internet de leurs vidéos et on n'est pas prêt de s'en lasser. D'ailleurs, eux aussi ont participé aux 50 heures de Goom Radio.



1995 - A chaque Ligne (avec Zoxea)

Deux mois déjà que le premier album des Parisiens de 1995 ("La source") est sorti, mais comme j'étais en vadrouille entre Brest et Marseille je n'avais encore rien écrit dessus. En voilà un extrait, qui a la particularité d'être entré au panthéon du rap français par la petite et la grande porte en même temps ou presque. Pour ce qui est de la grande porte, vous n'avez qu'à écouter pour comprendre. En ce qui concerne la petite, il suffit de savoir que 1995 et Zoxea se sont fâchés en juillet. Cherchez la différence...



jeudi 9 juin 2011

Mise à jour

Chose promise, chose due. Le rap français va très bien.

1995 - Flava in ya ear (remix)

Le voilà donc ce premier clip officiel de 1995, collectif parisien que l'on ne présente déjà plus. Ils survolent un classique de Craig Mack avec le talent, l'insolence et l'énergie déjà aperçus dans d'autres vidéos. La Source, première mixtape dont la sortie est prévue le 27 juin, nous en dira plus sur leur capacité à exceller ailleurs que dans des freestyles, battles et concerts



Bonus (parce qu'une semaine est passée depuis le premier papier et que j'en découvre tous les jours) :

Swift Guad - Dernière lettre

Tatoué, barbu, abimé, révolté, sensible et mélancolique. Swift Guad vient de donner une suite à sa magnifique Poussière de vie en attendant son prochain album, L'hécatombe 2.0.



Pand'Or - Twenty

Mais d'où sort cette inconnue au flow clair et percutant qui pose ce couplet vénère sur un instru qui défonce ? Difficile à dire. Sa présence à de la troisième édition de Rap Contenders, où elle affrontera Jazzy Bazz, nous éclairera peut-être. Son passage à la draft, en tout cas, est plus que prometteur.



Pepso - Mais qui veut la peau de Stavinsky ? (épisode 2)

Les aventures de Pepso se poursuivent avec une nouvelle prise d'otage et un deuxième freestyle en guise de rançon. Plus long, plus drôle et plus violent. Avis aux ravisseurs : ne l'abimez pas trop, on en a encore besoin.



mardi 10 mai 2011

Que des n°10 dans leurs teams

L'Entourage, 1995, S-Crew et 5 majeur. J'en oublie sans doute.

Une nouvelle génération de rappeurs pointe le bout de son mic à Paris. Ça pillave et ça fume, ça représente et ça crie, ça rap et ça buzz, ça clash et ça fait mal. Difficile de dire qui sont ces types et d'où ils viennent, pour qui ils roulent et où ils vont. Des crews à la pelle et du swag en masse : mais comment font-ils pour avoir ce style ? Ils ont colonisé les battles Rap Contenders et envahissent Youtube alors que leurs plus vieilles vidéos datent de janvier. 2011. Partagé entre l'excitation de découvrir chaque jour des nouveaux freestyles et l'envie de les entendre sur un projet plus concret, je me contente pour l'instant de vanter leur insolent génie. Ils n'ont pas toujours grand chose à rapper, sinon des égotrips délirants, et c'est encore un peu tôt pour cerner leurs personnages, leurs points forts et leurs connexions. L'énergie et la facilité qu'ils dégagent, pourtant, est déconcertante. Certains perceront sans doute, d'autres non. Des groupes vont s'affirmer, des collectifs vont se dissoudre. Mais qu'importe demain. Il faudrait être la banane du siècle pour ne pas en profiter aujourd'hui.



Si t'as la flemme de googler leurs blazes :

Nekfeu survole un battle (du très lourd à 7'01)
Interminable freestyle collectif (complètement ghetto)
Freestyle de l'Entourage (bons flows et belles images)
Guizmo solo (sur une prod de Mobb Deep)
Sneazzy et Alpha Wann (freestyle dans un appart de dingue)
Freestyle 5 majeur (seul Nekfeu vient de Paris à priori, mais ça vaut le coup d'oreille)