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mercredi 21 décembre 2011

33 jours avant Noir Désir

Suite du compte à rebours qui nous conduira jusqu'à la sortie du prochain album de Youssoupha avec le clip dévoilé avant-hier par le rappeur. Après le making-of de la couverture, Youssoupha nous emmène une fois de plus dans ses coulisses avec des images d'une interprétation live de son « Espérance de vie » mêlées à des scènes où on le découvre entouré de ses proches. Rien d'extraordinaire ou qu'on est jamais vu donc, d'autant plus que le son  du concert est vite remplacé par la version studio du morceau. Plus propre, forcément, mais moins touchant. Un morceau d'une telle puissance méritait certainement un clip plus ambitieux. Surtout, je le sais pour l'avoir vu, qu'il est bouleversant lorsque Youssoupha le joue en live. Il s'agit de la deuxième  petite déception en quelques jours puisque le morceau avec Corneille, s'il reste un excellent coup comme je l'expliquais, n'est pas une immense réussite artistique.



La description d'« Espérance de vie » sur la page youtube du label indique toutefois qu'il a été « écrit en 80 jours à raison d'une ligne par jour ». Drôle d'information, inédite mais invérifiable pour le moment (certains ne se privent pourtant pas de la reprendre, peut-être ont-ils d'autres sources), qui fait penser à  un autre concept de création plus ou moins répandu dans le rap français. Oxmo Puccino, pour son deuxième solo, n'avait ainsi pas écrit une seule ligne. Tout dans la tête. C'est d'ailleurs le titre du prochain album de Zoxea, qui suivra lui aussi la trace de Notorious Big qui eu le temps de populariser la technique avant de mourir. On dit que  les grands esprits se rencontrent, alors pourquoi pas les rappeurs ?

Suite du décompte dans quelques jours avec une interview de février 2010 jamais publiée. A moins que Youssoupha, d'ici là, nous dépose un nouveau morceau au pied du sapin.

Episode précédent : 41 jours avant Noir Désir

lundi 23 mai 2011

Le premier mort du rap français

Brams ne contrôle plus la zone. Paix à son âme, etc.



Son décès me rappelle qu'à l'exception de quelques rares et modestes contre-exemples, le rap français, contrairement à son grand frère américain qui célèbre ses martyrs depuis longtemps (Tupac, Notorious Big et ODB, entres autres), n'a pas encore vécu sa première mort. Les sociologues vous l'expliqueront mieux que moi : la mort possède l'incroyable pouvoir d'unifier ceux qui y survivent autour du respect de celui qui la subit. De l'unité et du respect : voilà justement ce qui manque au rap français pour s'imposer enfin comme une musique puissante et crédible. La première mort du rap français marquera un tournant important. Je ne la souhaite à personne, mais je l'attends avec impatience.



Bonus : les contre-exemples.

East : Talentueux et bien entouré, mais n'a laissé derrière lui que quelques apparitions.
Lionel D : Pionnier du rap français dont l'œuvre a considérablement vieilli. Inconnu du grand public.
Fredy K : Bon rappeur, mais n'a laissé aucune trace marquante en solo.
Las Montana : Première mort violente du rap français. Parti trop tôt pour entrer dans la légende.
Brams : Fidèle lieutenant de Booba. Du potentiel, mais aucune trace en solo.